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Une grande mobilisation pour la cause de Montréal

Martin Bergeron

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Je reproduis ici le texte publié hier sur le blogue de François Cardinal de La Presse:

http://blogues.lapresse.ca/avenirmtl/2013/04/29/martin-bergeron-«une-grande-mobilisation-pour-montreal»/

Face à l’ampleur des défis à relever au cours des prochaines années, Montréal a besoin d’un Maire et d’une équipe de conseillers capables de créer une grande mobilisation pour sa cause. Pour réussir cette mobilisation, il nous faut un groupe de leaders qui saura à la fois inspirer la population, et projeter davantage d’autorité auprès des gouvernements du Québec et du Canada.

Nous identifions six grands défis qui devront être relevés en priorité au cours des prochaines années si nous voulons que Montréal se construise un avenir à la hauteur de son potentiel :

1-    Combattre énergiquement la corruption pour regagner la confiance des citoyens;

2-    Simplifier la gouvernance de la ville pour améliorer sa performance et accélérer le passage à l’action;

3-    Assainir les finances publiques pour livrer des services efficaces et tenir compte de la capacité de payer des montréalais;

4-    Augmenter notre poids démographique en retenant plus de familles en ville;

5-    Décongestionner la métropole en investissant massivement dans le transport en commun;

6-    Développer notre économie en misant sur nos Universités, nos industries créatives, la relance du secteur manufacturier et le commerce de proximité.

Pour réussir ce vaste chantier, il va falloir que Montréal recommence à compter au gouvernement fédéral, et que les partis provinciaux cessent de voir la métropole du Québec comme un « champ de bataille politique »  où il n’y a aucun gain à faire. Nos élus municipaux sont toutefois les premiers concernés et nous avons besoin d’un Conseil de ville proactif,  qui agit avec force et cohérence afin de stimuler l’intérêt pour Montréal.

Si je fais appel à cette mobilisation, c’est parce que j’aime Montréal et que je crois que la prochaine élection municipale pourrait être déterminante pour l’avenir de notre ville. À quatre ans des fêtes du 375e anniversaire de sa fondation, et au moment où se conclut le dernier chapitre de la première administration de la nouvelle ville, Montréal est à la croisée des chemins.

Saurons-nous collectivement saisir cette occasion qui se présente pour remettre Montréal sur le droit chemin et redonner de la fierté aux montréalais? C’est pour ça que je m’engage pour la cause de Montréal.

Pendant qu’on fera le ménage…les 5 autres grands défis de Montréal

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Par Martin Bergeron

Il va sans dire qu’une révision de fond en comble des pratiques et des moeurs devra nécessairement être la priorité #1 de la prochaine administration municipale de Montréal. Ce n’est toutefois pas le seul défi d’importance auquel devra s’attaquer notre ville au cours des prochaines années. J’en identifie 5 autres qui joueront un rôle clé pour l’avenir de Montréal:

Démographie

« La démographie, c’est le destin, » a dit Auguste Comte. C’est particulièrement vrai pour les villes, et Montréal n’échappe pas à cette logique.

Comme nous le rappelle Benoit Gignac, on ne peut faire abstraction du fait qu’à l’époque des grandes réalisations de Montréal pendant les années ’60, la ville que dirigeait Jean Drapeau comptait pour les deux-tiers de la région métropolitaine, et plus du tiers de la province de Québec. Aujourd’hui, cette part est passée à la moitié de la CMM, et le quart du Québec. Ça compte!

La démographie désavantage également Montréal quand vient le temps de compétitionner avec des villes comme Toronto qui sont déjà passablement plus grandes, et qui connaissent également une croissance plus robuste.

Pour amorcer un renversement de tendance, Montréal doit agir principalement sur deux fronts: attirer plus d’immigrants et retenir plus de familles sur l’ile.

Développement économique

Il y a déjà plusieurs bonnes choses en cours sur ce plan – et la vigueur actuelle de la construction immobilière est là pour le prouver – mais Montréal peut encore faire mieux.

Au niveau de la localisation des entreprises, il y a une réflexion métropolitaine qui devrait être faite pour que l’on cesse de se cannibaliser, et que l’on travaille ensemble à attirer des entreprises au bon endroit, et surtout à en créer des nouvelles.

Le commerce de proximité doit d’ailleurs être au coeur de la stratégie de croissance de Montréal.

Le processus d’approbation des projets doit également être assoupli pour faire en sorte qu’il soit plus facile d’investir et de développer à Montréal.

Pour réussir le développement économique de Montréal, nous devons adopter une approche globale comme l’a si bien fait Michael Bloomberg à New York. Il faut s’en inspirer.

Transport en commun

On ne le dira jamais assez: le transport en commun, c’est le meilleur investissement pour Montréal:

A) Ça décongestionne ponts et routes;

B) Ça favorise l’épargne des ménages;

C) Ça contribue à notre base industrielle (Bombardier, NovaBus, etc.);

D) Ça fait augmenter la valeur foncière.

Il y a présentement pour 23 G$ de projets sur la table qu’on veut réaliser d’ici 2020. C’est évidemment irréaliste de penser qu’on pourrait faire tout ça dans un si court laps de temps, et avec les moyens dont nous disposons présentement…mais c’est le meilleur investissement qu’on puisse faire!

Un rappel à tous: la meilleure façon de décongestionner les routes, c’est de faire voyager plus de monde en-dessous de la terre. Le prolongement du métro, ça presse!

Gouvernance

Nombre et pouvoirs des arrondissements, nombre d’élus, conseil de ville et conseil d’agglomération…: c’est complexe, et plusieurs se demandent si on doit y toucher ou pas. Je suis convaincu que la gouvernance est un sujet trop important pour ne pas s’en préoccuper.

Mon préjugé de base est en faveur de la ville centre, et je crois que la décentralisation des pouvoirs est allée trop loin. Mais fondamentalement, un grand principe doit guider toutes nos décisions dans ce domaine: la subsidiarité, c.à.d. donner le pouvoir au niveau d’administration le mieux placer pour livrer le service.

Je pense également que Montréal a trop d’élus, et je ne comprends pas le raisonnement de plusieurs qui concluent qu’une réduction du nombre d’élus mènerait inévitablement à embaucher plus de fonctionnaires et/ou plus de personnel de soutien politique. Entre autre, pourquoi certains arrondissements ont apparemment besoin de conseillers d’arrondissements, alors que dans d’autres ce sont les conseillers de ville eux-même qui s’en occupent?

Finances publiques

Les finances de la Ville de Montréal – comme celles des autres municipalités du Québec, d’ailleurs – croulent sous le poids d’obligations à long-terme beaucoup trop onéreuses, entre autre liées au fonds de pension des employés. La proportion payée par l’employeur devra tôt ou tard être revue à la baisse, en même temps que l’on s’assurera de ne pas payer trop d' »extras » sur les travaux publics, à défaut de quoi:

a) la Ville devrait diminuer le niveau de services qu’elle offre aux citoyens;

b) ou elle devrait hausser dramatiquement le niveau de ses taxes foncières.

Succomber au scénario A reviendrait pratiquement à renier la mission de la ville, quand on sait qu’une administration municipale, c’est d’abord et avant tout un organisme donneur de services. Quand au scénario B, il engendrerait nécessairement un affaiblissement de la compétitivité de Montréal par rapport à ses villes voisines, et ferait porter un poids fiscal inéquitable aux montréalais.

Un nouveau pacte fiscal est nécessaire pour Montréal, afin de cesser cette pratique malsaine de toujours devoir aller quémander auprès du gouvernement du Québec. En ce sens, le livre blanc de l’Union des Municipalités du Québec (UMQ) est une excellente proposition qui mérite d’être adoptée rapidement.

Livre blanc municipal de l’UMQ: rien à ajouter, tout est là

par Martin Bergeron

 

Livre blanc - page titre

Depuis plusieurs années déjà, nous constatons que les responsabilités des municipalités ne cessent de s’accroitre mais qu’elles n’ont pas accès à des sources de revenus suffisantes – ni suffisamment diversifiées – pour s’acquitter adéquatement de leur nouveau rôle.

La situation est particulièrement vraie à Montréal où il y a déjà belle lurette que la Ville n’est plus simplement qu’un livreur de services à des propriétaires immobiliers. Et pourtant, à Montréal comme ailleurs au Québec, la Ville soutire toujours la très grande majorité de ses revenus de la taxation foncière.

Cette source de revenu liée à la propriété est logique pour payer des services comme les aqueducs et égouts ou encore, dans une moindre mesure, la collecte des ordures…mais qu’en est-il de la sécurité publique, du développement économique et de la culture?

Ce déséquilibre coûts/bénéfices en faveur du gouvernement du Québec, et également du gouvernement fédéral, par rapport à l’administration municipale a été parfaitement illustré par Mario Lefebvre du Conference Board du Canada lors d’une conférence qu’il a prononcé le printemps dernier.

Mario (je me permet de l’appeler par son prénom parce que je le connais bien) donnait l’exemple de l’organisation d’un festival-type à Montréal où l’on se retrouve bien souvent devant une aide financière publique qui, en apparence, semble être partagée au tiers pour chacun entre fédéral-provincial-ville. La réalité opérationnelle est parfois toute autre puisque, entre autre, c’est la Ville qui se retrouve seule avec la facture pour assurer la sécurité des lieux.

La situation devient encore plus absurde du côté du retour sur l’investissement puisque les gouvernements du Québec et du Canada récoltent chacun des revenus sur la consommation entourant toute l’activité sur les lieux du festival (TVQ et TPS, respectivement). Et la Ville, elle?

Mario Lefebvre: « Pour que la Ville reçoive un retour sur son investissement, il faudrait que des spectateurs aient tellement aimé le spectacle, que ça les motive à s’acheter une maison à Montréal! »

Face à cette situation, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) a pris le taureau par les cornes et procédé à un vaste chantier de consultation qui a mené à l’adoption de ce Livre blanc municipal qui est très complet, et vraiment bien fait.

J’aurai l’occasion de revenir plus en détail sur le contenu de ce rapport dans les prochaines semaines, mais notons tout de suite qu’il repose essentiellement sur deux propositions maitresses:

  • Une Charte des municipalités du Québec pour rapprocher les décisions du citoyen en refondant le partenariat Québec- municipalités dans un contrat moderne basé sur les principes de subsidiarité, d’efficience et de bonne gouvernance favorisant le renforcement de la démocratie locale.
  • Une réforme fiscale et financière qui sort les municipalités de la dynamique actuelle en permettant un meilleur contrôle des dépenses et une diversification des sources de revenus.

En gros, on y propose de mettre fin à la dépendance actuelle des municipalités par rapport au gouvernement du Québec en leur accordant un statut d’autonomie s’apparentant à un nouvel ordre de gouvernement, sans pour autant nécessiter d’amendement constitutionnel.

Et le corollaire de cette autonomie, c’est d’ajuster la fiscalité municipale afin de donner aux villes les moyens de mettre en oeuvre les politiques et les services que les citoyens s’attendent de recevoir du palier quasi-gouvernemental le plus près d’eux.

Un travail très exhaustif et vraiment bien fait de la part de l’UMQ, donc, qui en plus a reçu jusqu’à présent un accueil très positif de la part du ministre responsable des affaires municipales, M. Sylvain Gaudreault, qui devra ultimement piloter cette réforme si elle doit être mise en oeuvre.

Voilà qui augure bien pour la suite des choses. Plus besoin de discuter des solutions à proposer: tout est là dans ce Livre blanc municipal. Maintenant, il s’agit d’y donner suite et de passer à l’action.

Federal transit money required, one way or another

by Martin Bergeron

Here I was last week-end tweeting to the Mayor of Calgary, Naheed Nenshi, that we ought to have a national transit strategy in Canada, in accordance with the idea put forward by La Presse editorialist François Cardinal just a couple of days earlier. Cardinal was reporting that Canada is just about the only OECD country that does not have such a national strategy, which does not make much sense in the XXIst century.

Well, it does not seem like we are going to have one in the next budget cycle either, folks! Here is what the transportation minister, Denis Lebel, had to say about the issue of urban congestion, and what the federal government can do about it:

Q&A: Federal Transportation Minister Denis Lebel sits down with The Globe and Mail

Q: What about the idea of a special gridlock fund, because there’s this issue of if you have one fund for everybody, perhaps the money gets spread out and you don’t necessarily have it concentrated in the bigger cities that have this gridlock issue? Do you like that idea of something that’s focused just on gridlock?

A: Yeah, No. First of all, one of the most important challenges we have is to have an approach [when each] part of the country forms their own answer to that. When I’m in the territories, they say ‘We don’t want to have it by population when you give out the money because we will not have enough.’ When I’m in big cities, ‘Oh, we want to have it by population.’ When I’m Toronto or Montreal: ‘Oh please, more money for transit.’ When I’m Yellowknife or Iqaluit, they say: ‘No. Have money for the north.’ We will not work that way. We will work… to have the most balanced approach. For sure, as I’ve said in the past, for transit, we will respect the provincial and municipal jurisdiction and that’s under their jurisdiction. We invested a lot of money in transit, I think it’s $6-billion since we are in government. We will continue to support through the gas tax and other programs and we know that’s very important to the country. But we will not dedicate money for a specific program for transit or other ideas like that. We prefer to work with provinces and territories. We have a global vision. We want to invest in the infrastructure of the country to prepare for the future of the country. (emphasis is mine)

Upon learning that the federal government had no intention of creating such a transit fund to intervene directly in the matter, my favourite editorialist was disappointed.

While I largely shared his sentiment, my initial reaction was to see the bright side in all this: there WILL be additional money available for infrastructures, which could obviously be dedicated to mass transit systems. The minister said it will be up to provinces and/or cities to decide how they allocate that money.

Very well: thus my reply to Mr. Cardinal that it will be ok as long as we get federal money to eventually put towards transit.

I used a nous (we) that was voluntarily fuzzy and inclusive: it could be our province, it could be our city. At this point, I don’t care as much about who decides as to whether or not there will be money available for mass transit.

The equation is pretty simple: Montreal needs massive investments in public transit, the provincial government seems to be unwilling or unable to make it on its own, and the federal government looks like its gonna put new money into infrastructures.

Of course, it would have been great to have a national transit strategy where the money is tagged specifically for transit projects. That’s the best way to make sure that the investments actually DO go to transit projects, as opposed to highways and bridges, or any other project that is deemed an infrastructure project.

But what about the constitution and provincial jurisdictions? The last thing we need is to have a constitutional fight that might stall transit projects for a couple of years or – heaven forbid – that we might even lose some money because of it.

Issue #1: let’s get the federal government to dedicate large sums of money for Quebec/Montreal’s infrastructures.

Issue #2: let’s do what Deep Throat said and follow the money to see who we need to convince. I would much prefer that the money would go directly to the city of Montreal but I am not keeping my hopes up on this one. My feeling is the money will be transferred to the government of Quebec, in which case we will need to make sure that Premier Marois and ministers Marceau, Gaudreault and Lisée understand that these investments need to go towards improving and extending the mass transit system in Montreal.

We just need the federal transit money, one way or another.

BudgetQc: rien pour le transport en commun? Pas FORT!

par Martin Bergeron

En cette période de ralentissement économique, et de la part d’un gouvernement qui souhaite que la Caisse de dépôts (CDPQ) investisse davantage dans l’économie québécoise, on aurait pu s’attendre à ce que le budget d’hier annonce clairement qu’il amorce un rééquilibrage en faveur du transport en commun afin d’investir dans notre base industrielle.

En cette période de surendettement des ménages où la plupart des citoyens, comme pour le gouvernement, doivent gérer leur budget de façon prudente, on aurait pu s’attendre à ce que le budget d’hier annonce clairement qu’il amorce un rééquilibrage en faveur du transport en commun afin de stimuler l’épargne des ménages.

En cette période de cônes oranges et de congestion majeure à Montréal, et où tout le Québec fait face à un défi de productivité important, on aurait pu s’attendre à ce que le budget d’hier annonce clairement qu’il amorce un rééquilibrage en faveur du transport en commun afin d’améliorer la fluidité du transport des personnes et des marchandises dans la région métropolitaine.

Enfin, en cette période de dépréciation des actifs où les villes sont prises avec des fonds de pension qu’elles ne sont plus capables de financer, qu’elles soutirent plus de 80% de leurs revenus autonomes des taxes foncières, et qu’on s’apprête à négocier un nouveau pacte fiscal pour donner de l’oxygène aux villes, on aurait pu s’attendre à ce que le budget d’hier annonce clairement qu’il amorce un rééquilibrage en faveur du transport en commun afin de stimuler la valeur foncière.

Pourquoi est-ce que j’égraine mon argumentaire comme un chapelet? Parce que, comme je l’écrivais la semaine dernière, investir dans le transport en commun contribue à la création de richesse collective de 4 façons…et que ce sont toutes de bonnes raisons qui s’imposaient d’elles mêmes dans le contexte d’un budget de restriction comme on en a eu un hier.

Vous voulez faire plus avec moins? Y’a pas de meilleure façon que d’investir dans le transport en commun. Point.

Et pourtant, dans le budget d’hier, il n’y avait rien. Nada. Zip. Ce qui a fait dire à TRANSIT que le gouvernement n’avait rien compris à l’urgence d’agir sur ce front.

Manifestement, on devra attendre à l’année prochaine. Mais pourquoi attendre?

Dans une entrevue accordée à Tommy Chouinard de La Presse, voici ce que le ministre des Transports et des affaires municipales, Sylvain Gaudreault, avait à dire:

«Considérant l’accent qu’on met sur la mobilité durable, il va falloir augmenter la proportion (NDLR: du transport en commun dans le FORT). Est-ce que ça va être 20%, 30%, 35%? On n’en est pas là. Ce n’est pas à moi seul de le déterminer» avant de conclure qu’il voulait notamment consulter la CMM à ce sujet.

J’ai une bonne nouvelle pour le ministre: cette consultation, elle a déjà eu lieue…à la CMM, en plus! Voici quelle est sa conclusion sur la question, qu’elle indique clairement à la page 20 de son Rapport de la commission du transport de la communauté sur le transport en commun. La CMM recommande au gouvernement du Québec d’adopter les trois mesures suivantes:

Taxer les cigarettes? Ok. Taxer l’alcool? Ok aussi. Mais pourquoi pas ajouter une taxe de 5 cents le litre additionnels comme le recommande la CMM?

Pourquoi pas bonifier le Fonds vert, tel qu’annoncé dans le budget de l’année dernière?

Et surtout – le plus gros morceau de l’équation – pourquoi diantre ne pas amorcer le rééquilibrage du FORT, ce fonds d’investissement qui présentement consacre un peu moins de 20% au transport en commun?

Le consensus au sein de tous les groupes et élus qui sont venus témoigner à la CMM est clair: on répare les routes mais on en construit plus de nouvelles pour un bout de temps, le temps de rétablir un équilibre plus logique entre les deux modes de transport. Cet équilibre, on l’a établit à 70%/30%.

C’est fini, c’est réglé. Go: on le fait!

Le nouveau gouvernement a voulu freiner le rythme des investissements en infrastructures. Pas de problème: freiner les routes pour un bout de temps (de toute façon, c’est là qu’il y a de la controverse!), ça va être encore plus facile d’établir un équilibre 70/30.

Attention: le gouvernement a annoncé qu’il mettait un plafond à ces investissements qu’il situe à 9,5 G$ par année…mais c’est une moyenne sur 5 ans. Voyez par contre ce que ça donne comme plan, année par année:

 

 

Comprenez-vous la même chose que moi? On vient de manquer la meilleure année! C’est 10,5 G$ cette année mais, si ce plan budgétaire suit son cours, il y aura de moins en moins d’argent disponible d’ici 2017.

Ça va être encore plus difficile d’obtenir des investissements massifs pour le transport en commun en 2015-2016 quand il n’y aura que 8,7 G$ de fonds disponibles.

Et pourtant, il va falloir le faire, parce qu’il sera toujours temps de développer notre base industrielle, de permettre aux ménages montréalais d’épargner, d’améliorer la fluidité des déplacements, et de créer de la richesse foncière.