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RÉSUMÉ: Développement TOD, consultation publique et application du PMAD

par Martin Bergeron

J’ai assisté avec beaucoup d’intérêt à la conférence de Christopher Zimmerman dans le cadre du colloque URBA 2015.

Voici donc en vrac les principaux constats et enseignements qui ont retenus mon attention en vue de développer des quartiers TOD (transit-oriented development) à Montréal:

1er enseignement- critères d’un quartier TOD réussi

Les trois principaux ingrédients requis pour réussir un quartier TOD sont la densité, la mixité des usages et la qualité de l’offre de transport en commun.

La densité est nécessaire pour plusieurs raisons, mais l’une d’entre elle est certainement qu’il s’agit de la meilleure façon de rentabiliser les investissements requis pour le transport en commun.

En effet, près de 75% des usagers du transport en commun sont des personnes qui habitent à l’intérieur d’un rayon de 0,4 km (1/4 de mile) de la station de métro, gare de train ou arrêt de Système Rapide par Bus (SRB).

La mixité des usages (résidentiel, commercial, bureaux) est nécessaire pour  créer de véritables milieux de vies autour des stations et gares. Au coeur de tels quartiers TOD, on retrouve donc non seulement l’installation de transport en commun, mais également l’artère commerciale qui permet de faire la plupart des courses à pied.

Finalement, ce que j’appelle ici la qualité de l’offre de transport en commun implique en premier lieu une bonne fréquence du service afin de réduire les temps de déplacement – et ce, à toutes les heures d’ouverture du service – mais également le confort des voitures et tout ce qui en fait une option de transport attrayante.

2e enseignement- la consultation publique

Le « buy in » de la population est nécessaire si l’on veut aller de l’avant avec des changements aussi fondamentaux. La consultation publique joue un rôle clé dans la migration vers un modèle de développement de type TOD. Cela veut donc dire:

a) Pas de problème avec le NIMBY: Loin de voir le réflexe du « Not In My BackYard » (NIMBY) comme un problème, Zimmerman trouve normal et sain que des citoyens se soucient de leur voisinage immédiat. Qui plus est, il estime que les gens du quartier sont bien souvent les plus grands experts sur la dynamique locale parce que, après tout, ils la voie évoluer en temps réel.

Est-ce à dire qu’il faut faire fi du bien commun et donner un droit de véto à des opposants locaux? Évidemment que non, mais le succès d’un développement repose en premier lieu sur l’acceptation des voisins immédiats.

b) Moduler l’intensité de la consultation: Zimmerman plaide pour une modulation en fonction de l’ampleur et de la chronologie de la consultation publique. Plus on est en amont dans le processus et que l’on consulte le public sur une échelle macro, plus il est nécessaire d’aller vers un modèle d’implication (Involve), ou de collaboration (Collaborate).

Une fois qu’on aura créé un consensus large sur les grandes orientations du nouveau plan, il sera normal de migrer vers une implication du public de type consultation (Consult) ou d’information (Inform) lorsque vient le temps d’approuver des projets de développements micros qui se conforment au plan.

c) Implication des élus: à Montréal, les élus tiennent un rôle d’arbitre par rapport à l’OCPM, c.à.d. qu’ils sont volontairement en retrait du processus, attendent de recevoir le rapport final, puis voient par la suite jusqu’à quel degré ils en tiendront compte.

Pour Zimmerman, surtout lorsqu’on est à l’étape de la consultation macro et des grandes orientations du plan, il est essentiel que les élus soient présents dans la salle et qu’ils puissent directement répondre aux questions du public. En ce sens, les élus doivent être parties prenantes du processus, et non en retrait. Ils doivent s’impliquer personnellement pour obtenir le « buy in » du public.

3e enseignement– Les orientations du PMAD doivent guider tout le processus d’approbation des projets.

Un projet de développement qui propose de la densité et de la mixité d’usage dans un zone TOD identifiée par le PMAD devrait être mis sur la voie rapide d’approbation: accompagnement de la ville centre, implication de l’élu responsable au comité exécutif, pas d’accrochages avec les arrondissements, consultation publique cohérente et fluide, etc.

A contrario, un projet soumis qui ne correspond pas aux orientations du PMAD devra nécessairement être rangé au bas de la pile et attendre son tour sagement.

Version complète de cet article: https://reflexionmontreal.com/2012/10/24/urba2015_zimmerman/