Archives de Catégorie: Gouvernance

The Gazette: Rebuilding the city’s image

Martin Bergeron

I was interviewed by The Gazette’s Peggy Curran this week for an article about leadership in Montreal, and the upcoming municipal election. Here is the link to that article published today:

http://www.montrealgazette.com/news/Rebuilding+city+image/8336170/story.html

And here are all the excerpts where I am quoted:

“Strength of character, willingness to exert leadership,” said Martin Bergeron of Réflexion Montréal, a think tank he set up with urban analysts last fall. He said tackling corruption and collusion must be Job 1.

“If we don’t deal with that, we don’t get the trust of citizens. How do you move on with spending on projects if people think you are giving money to crooks?”

Martin Bergeron is a policy analyst who left the Montreal Board of Trade to set up Réflexion Montréal. At 43, with a master’s in public policy from Concordia University, he’s a self-proclaimed “policy wonk,” bursting with ideas about what Montreal needs. Things like restructuring city government and boroughs, wrestling with employee pension funds and finding innovative ways to keep young families in the city without turning the metropolis into a suburb.

“It’s not going to be about cutting ribbons and throwing a Christmas ball. It’s going to be a thankless job.”

Bergeron doesn’t hide the fact that he’d also like to run for municipal office, sooner rather than later, ideally alongside a candidate whose political philosophy coincides with his. For the moment, he’s still waiting to figure out who that person might be.

“Louise Harel cannot be the mayor of Montreal,” said Bergeron, who sees her role as Parti Québécois minister for municipal affairs during the forced merger of Montreal and its suburbs as just one factor destined to keep her out of the mayor’s chair.

“The irony is she is the architect of the new city, but she cannot be mayor,” Bergeron said, citing the 71-year-old Harel’s weak English skills and staunch sovereignist beliefs. “The last thing we need is a divisive mayor that can strongly represent one part of the population, but be polarizing to the other ones.”

His namesake, Projet Montréal’s Richard Bergeron, “has some good ideas, but he’s not a realistic politician.” He mentioned the Projet Montréal leader’s position on a proposed 37-kilometre tramway, which he said his administration would build over five years with help from private backers.

As someone who worked on a tram study during his years at the Board of Trade, Bergeron said the claim is unrealistic. “He could knock on all the doors he wants. It would not work. He tends to do that with a lot of projects. They make sense in his mind.”

Of Coderre, “he has at least one thing going for him: he wants the job!” Bergeron said. “Other than that, we know so little about what he intends to do that it is hard to judge. I guess we will have to wait to see.”

Bergeron sees previous political experience as an asset, but not a prerequisite. “Michael Bloomberg, for example, had never done politics before. Yet he is a great and strong leader for New York and no one would dare not listen to him.”

For Bergeron, it’s imperative that the next mayor find a way to push harder for Montreal’s concerns, which are often ignored by federal and provincial governments that don’t see political gains in a region where voting patterns have been fairly predictable.

“We are a city of 1.9 million people and sometimes it feels like our priorities are treated not as important as Laval or Quebec City,” Bergeron said. “It’s not enough to send a wish list and then wait for results.”

Still, Bergeron said the next mayor won’t have any clout — in Ottawa, Quebec or with Montreal residents — until people believe he or she is serious about cleaning up the city’s act.

“You’d like to think we wouldn’t have to say: ‘We need elected officials that have ethics.’

Duh. That ought to be a prerequisite and you don’t even have to discuss it. Unfortunately, that’s not the world we live in. If we don’t get the trust of the population, we cannot go forward with major reforms.”

 

Sondage sur la confiance envers nos institutions

Chers amis de Réflexion Montréal,

 Je n’ai sûrement pas à vous convaincre que notre société vit présentement une grave crise de confiance, tant au niveau public que privé. 
 
Or, la confiance contribue positivement à la performance de toute organisation – en plus de contribuer à créer un climat beaucoup plus agréable à vivre – et devra nécessairement être au coeur des démarches que nous entreprendrons comme société afin de relever les nombreux défis auxquels nous faisons face.
 
Dans ce contexte, il me fait plaisir de vous informer qu’un Institut sur la confiance dans les organisations sera bientôt mis sur pied à Montréal. Cet Institut est piloté par mon bon ami Donald Riendeau, un avocat très respecté qui a fait sa marque depuis déjà quelques années dans le domaine de l’éthique et la gouvernance. Donald s’est associé dans cette démarche à une brochette d’experts dans divers domaines afin de réfléchir à comment améliorer la confiance, et accompagner différentes organisations dans leurs démarches.
 
L’Institut a développé un court sondage afin de dresser un portrait de l’état de la confiance au Québec, et les résultats de ce sondage seront dévoilés lors de l’événement de lancement dans quelques semaines.
 
Je vous demanderais svp de contribuer au succès de cette nouvelle organisation en répondant à ce sondage que vous trouverez en cliquant sur le lien suivant:
 Merci à l’avance pour votre collaboration!

Hausser la gouvernance municipale dans l’intérêt du citoyen

par Donald Riendeau

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Les quelques mandats que j’ai réalisé et qui consistaient à analyser l’éthique et la gouvernance de plusieurs municipalités m’ont permis de mieux cerner les enjeux avec lesquels le domaine municipal doit composer.

Un directeur général nous fit part de son point de vue très imagé et à la fois révélateur. Ayant survécu à cinq élections, il partagea l’analogie suivante : « La gouvernance municipale c’est un peu comme le vin, une élection sur deux tu tombes sur un grand cru, l’autre fois il est bouchonné et tu dois le boire pendant plusieurs années… ».

Cette mise en bouche nous amena à identifier deux ingrédients essentiels à une bonne gouvernance :

Agir dans l’intérêt de la municipalité 

Le conseiller municipal est l’équivalent d’un « administrateur » pour le conseil d’administration d’une société d’État ou d’une entreprise, il doit veiller à la gouverne de sa municipalité. Tel que le prévoit l’article 322 du Code civil du Québec, il doit gouverner dans l’intérêt de celle-ci.

Pourtant et trop souvent, l’intérêt des partis politiques et parfois même les intérêts personnels prennent le dessus sur les intérêts de la municipalité.

La mise en commun des opinions, expériences et compétences particulières des élus devrait contribuer à ce que la meilleure décision soit prise dans l’intérêt de la municipalité. L’intérêt de la municipalité définit le processus décisionnel en fonction de l’intérêt du citoyen et en considérant les ressources humaines, financières et matérielles à disposition.

Faire des choix dans ce contexte n’est pas toujours facile puisque chaque conseiller a souvent sa propre définition de ce qu’est « l’intérêt » du citoyen. C’est à la fois le plus important défi et la plus grande force d’un conseil municipal.

Agir dans l’intérêt de la municipalité signifie également qu’une fois la décision adoptée, que ce soit à l’unanimité ou par une seule voix, chaque conseiller doit l’accepter, s’y rallier et déployer les efforts pour qu’elle puisse se réaliser.

Assurer un bon équilibre entre représentativité, indépendance et compétence 

Les bonnes pratiques en matière de gouvernance suggèrent de maintenir un bon équilibre entre la représentativité, l’indépendance et la compétence du conseil d’administration.

La « représentativité » ne correspond pas au respect des positions politiques des élus en regard de leur parti. Il s’agit plutôt de la diversité des intérêts des citoyens.

L’« indépendance » est un concept à la mode. Tout en étant vague le concept est parfois difficilement applicable dans des municipalités où les liens d’affaires, familiaux et d’amitié s’entremêlent. Le plus important, comme le souligne monsieur Yvan Allaire, Président de l’Institut sur la gouvernance, est l’« indépendance d’esprit ».

Le conseiller municipal démontrera son indépendance d’esprit par la légitimité et la crédibilité qu’il suscitera auprès des autres conseillers, cadres, employés et citoyens.

La « compétence collective » d’un conseil correspond aux expériences et expertises qui permettront de répondre aux enjeux présents et futurs de la municipalité. Dans la plupart des organisations privées et publiques, un comité de gouvernance identifie quelle devrait être la composition optimale du conseil.

Puisque c’est la population qui élit les conseillers municipaux, il arrive à l’occasion que les compétences souhaitées ne soient pas réunis.

Par exemple, la Ville de Montréal aurait sans doute bénéficié de la compétence d’un ou deux conseillers avec de l’expérience en gestion de grands projets et en approvisionnement. Les bonnes questions auraient pu être posées…

Suite aux profonds changements des pratiques de gouvernance des grandes entreprises privées, des sociétés d’État et des établissements du secteur de l’éducation, les municipalités devront à leur tour améliorer certaines pratiques de gouvernance afin que chaque « cuvée municipale » agisse dans l’intérêt de la municipalité et réunisse les ingrédients nécessaires à la bonne gouverne de celle-ci.

RÉSUMÉ: Montréal doit assumer son leadership à l’échelle métropolitaine

Par Joël Thibert

Carte CMM

 

Quoiqu’en pensent plusieurs des élus de la métropole, l’avenir de Montréal ne se décidera pas uniquement à l’échelle locale. Qu’il s’agisse du transport, de la protection de l’environnement, du développement économique, de la promotion du français ou de l’intégration des immigrants à la vie montréalaise, les défis les plus importants auxquels nous faisons face ne sont pas, eux, confinés aux frontières administratives. Ils ne peuvent donc pas être abordés une municipalité, un arrondissement ou un quartier à la fois.

Premièrement, il m’apparaît évident que Montréal doit réaffirmer l’importance de son centre-ville dans le développement de la région, mais en élargissant la notion de centre-ville pour qu’elle ne se limite pas aux frontières fixées par le découpage artificiel des arrondissements, mais qu’elle englobe plutôt tous les principaux secteurs ayant une fonction métropolitaine.

On ne peut pas concevoir l’aménagement du centre de la région quartier par quartier, sans égard aux impacts sur les quartiers avoisinants, alors que son développement a une portée qui dépasse de loin les limites administratives des arrondissements de Ville-Marie, du Sud-Ouest et du Plateau Mont-Royal.

En deuxième lieu, les élus de la métropole doivent réclamer une gouvernance métropolitaine intégrée, cohérente et adaptée à la réalité du Grand Montréal.

Doit-on se surprendre qu’il y ait peu ou pas de coordination des politiques publiques dans la région métropolitaine alors qu’elle est elle-même divisée en cinq régions administratives, qu’elle compte six conférences régionales des élus, une quinzaine de commissions scolaires, trois sociétés et 10 conseils inter-municipaux de transports ainsi que 82 municipalités?

Il est impératif, finalement, que le maire de Montréal ose parler au nom de la région et  se comporte en leader politique et porte-parole du Grand Montréal. Le maire de Montréal est d’office président du conseil de la CMM, mais son leadership doit dépasser la simple fonction de présider des assemblées.

Il est grand temps que quelqu’un porte les préoccupations et les aspirations de la société civile et des gens d’affaires de la région métropolitaine auprès des deux paliers de gouvernement ainsi qu’à l’international…et cette responsabilité incombe naturellement au maire de Montréal.

Pour relever les nombreux défis auxquels fait face la métropole, nous avons besoin de pouvoir parler d’une seule voix. Le prochain maire de Montréal, même s’il ne représente formellement que 1.6 millions d’habitants, devra trouver le moyen de parler au nom des 3.2 millions résidents du Grand Montréal.

Version complète de cet article: https://reflexionmontreal.com/2012/10/03/montreal-doit-assumer-son-leadership-a-lechelle-metropolitaine/

Joel Thibert: Montréal doit assumer son leadership à l’échelle métropolitaine

Par Joël Thibert

Quoiqu’en pensent plusieurs des élus de la métropole, l’avenir de Montréal ne se décidera pas uniquement à l’échelle locale. Qu’il s’agisse du transport, de la protection de l’environnement, du développement économique, de la promotion du français ou de l’intégration des immigrants à la vie montréalaise, les défis les plus importants auxquels nous faisons face ne sont pas, eux, confinés aux frontières administratives. Ils ne peuvent donc pas être abordés une municipalité, un arrondissement ou un quartier à la fois.

Or, c’est précisément ce qui se produit actuellement dans plusieurs localités du Grand Montréal.

Force est de constater : Montréal est actuellement incapable de faire face à l’enjeu central de son développement, c’est-à-dire à l’éparpillement urbain dans la région métropolitaine. Nul doute que l’adoption récente du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) est un pas dans la bonne direction. Cependant, c’est dans la mise en œuvre du plan, et non dans son adoption, que se trouve le réel défi.

On répète que Montréal doit assumer son leadership sur cette initiative, mais il est légitime de se demander : comment?

D’abord, il m’apparaît évident que Montréal doit réaffirmer l’importance de son centre-ville dans le développement de la région, mais en élargissant la notion de centre-ville pour qu’elle ne se limite pas aux frontières fixées par le découpage artificiel des arrondissements, mais qu’elle englobe plutôt tous les principaux secteurs ayant une fonction métropolitaine.

Comment justifier, par exemple, que les quartiers Milton-Park, Griffintown, Petite-Bourgogne et St-Jean-Baptiste (correspondant à la partie sud du Plateau Mont-Royal) en soit exclus, alors qu’ils sont clairement rattachés au centre d’un point de vue fonctionnel?

On ne peut pas concevoir l’aménagement du centre de la région quartier par quartier, sans égard aux impacts sur les quartiers avoisinants, alors que son développement a une portée qui dépasse de loin les limites administratives des arrondissements de Ville-Marie, du Sud-Ouest et du Plateau Mont-Royal. Cela ne signifie pas, pour autant, qu’on doive abandonner les prérogatives et processus participatifs locaux, mais plutôt qu’il faut les adapter à la réalité d’un centre-ville métropolitain. Montréal et sa région ont besoin d’un centre-ville fort, et ce centre doit être redéfini et réorganisé pour refléter les conditions économique et démographique d’aujourd’hui.

J’aurai l’occasion de revenir plus en détail sur cette notion de redéfinition du centre-ville au cours des prochaines semaines.

En deuxième lieu, les élus de la métropole doivent réclamer une gouvernance métropolitaine intégrée, cohérente et adaptée à la réalité du Grand Montréal.

Doit-on se surprendre qu’il y ait peu ou pas de coordination des politiques publiques dans la région métropolitaine alors qu’elle est elle-même divisée en cinq régions administratives, qu’elle compte six conférences régionales des élus, une quinzaine de commissions scolaires, trois sociétés et 10 conseils inter-municipaux de transports ainsi que 82 municipalités?

Il est de bon ton, dans la classe politique, de répéter que les « débats de structure » ne mènent à rien, mais la vérité (aussi déplaisante soit-elle) est que le « mal de Montréal » est en partie structurel. En effet, prétendre que la gouvernance actuelle du Grand Montréal est « adéquate » relève de l’aveuglement volontaire – il suffit d’étudier les nombreux programmes de subvention administrés « par région administrative » pour s’en convaincre.

Cela dit, la solution ne se trouve pas nécessairement dans une centralisation métropolitaine tous azimut ou une autre ronde de « fusions forcées », mais plutôt dans une collaboration de bonne foi, encouragée – financièrement ou autrement – par le Gouvernement du Québec.

Il est impératif, finalement, que le maire de Montréal ose parler au nom de la région et  se comporte en leader politique et porte-parole du Grand Montréal. Le maire de Montréal est d’office président du conseil de la CMM, mais son leadership doit dépasser la simple fonction de présider des assemblées.

Il est grand temps que quelqu’un porte les préoccupations et les aspirations de la société civile et des gens d’affaires de la région métropolitaine auprès des deux paliers de gouvernement ainsi qu’à l’international…et cette responsabilité incombe naturellement au maire de Montréal.

Pour relever les nombreux défis auxquels fait face la métropole, nous avons besoin de pouvoir parler d’une seule voix. Le prochain maire de Montréal, même s’il ne représente formellement que 1.6 millions d’habitants, devra trouver le moyen de parler au nom des 3.2 millions résidents du Grand Montréal.