Archives mensuelles : octobre 2012

Développement TOD, consultation publique et application du PMAD: retour sur la conférence URBA 2015

par Martin Bergeron

J’ai assisté avec beaucoup d’intérêt, jeudi soir dernier, à la conférence de Christopher Zimmerman dans le cadre du colloque URBA 2015. Cet élu de la région de Washington DC a joué un rôle de leadership crucial pour développer des quartiers de type TOD (Transit-Oriented Development) dans la banlieue de la capitale américaine.

C’était très intéressant d’entendre un élu nous expliquer comment ils s’y sont pris pour développer des milieux de vie orientés vers le transport en commun dans l’état de la Virginie…sans même pouvoir compter sur un outil comme le PMAD que nous avons adopté ici.

Voici donc en vrac les principaux constats et enseignements qui ont retenus mon attention en vue de développer de tels quartiers à Montréal:

1- Les trois principaux ingrédients requis pour réussir un quartier TOD sont la densité, la mixité des usages et la qualité de l’offre de transport en commun.

(En passant, j’ai depuis découvert cet excellent Guide d’aménagement pour les aires TOD préparé par la CMM qui sera très utile pour guider les développeurs et les décideurs publics au cours des prochaines années. Ce guide énumère l’ensemble des conditions de succès; Zimmerman a relevé les trois qui lui apparaissent les plus importants.)

La densité est nécessaire pour plusieurs raisons, mais l’une d’entre elle est certainement qu’il s’agit de la meilleure façon de rentabiliser les investissements requis pour le transport en commun.

En effet, Zimmerman expliquait que près de 75% des usagers du transport en commun sont des personnes qui habitent à l’intérieur d’un rayon de 0,4 km (1/4 de mile) de la station de métro, gare de train ou arrêt de Système Rapide par Bus (SRB).

La plupart des usagers additionnels habitent dans la zone du prochain 0,4 km, soit ce qu’on appelle ici le « Transit Neighborhood ». Les usagers provenant de plus loin y arrivent habituellement en utilisant un autobus.

La mixité des usages (résidentiel, commercial, bureaux) est nécessaire pour  créer de véritables milieux de vies autour des stations et gares. Au coeur de tels quartiers TOD, on retrouve donc non seulement l’installation de transport en commun, mais également l’artère commerciale qui permet de faire la plupart des courses à pied.

Qui plus est, on est en plein dans la logique de Jane Jacobs qui explique les bienfaits de tels quartiers non seulement parce qu’ils sont plus intéressants, mais plus sécuritaires en plus.

Finalement, ce que j’appelle ici la qualité de l’offre de transport en commun implique en premier lieu une bonne fréquence du service afin de réduire les temps de déplacement – et ce, à toutes les heures d’ouverture du service – mais également le confort des voitures et tout ce qui en fait une option de transport attrayante.

2- Le « buy in » de la population est nécessaire si l’on veut aller de l’avant avec des changements aussi fondamentaux. Cela veut dire que la consultation publique joue un rôle clé dans la migration vers un modèle de développement de type TOD.

À la veille du colloque célébrant le 10e anniversaire de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), Zimmerman a soulevé trois éléments qui me portent à réfléchir sur la façon dont on consulte la population présentement:

a) Pas de problème avec le NIMBY: probablement l’élément qui m’a le plus surpris de toute sa présentation. Loin de voir le réflexe du « Not In My BackYard » (NIMBY) comme un problème, Zimmerman trouve normal et sain que des citoyens se soucient de leur voisinage immédiat. Qui plus est, il estime que les gens du quartier sont bien souvent les plus grands experts sur la dynamique locale parce que, après tout, ils la voie évoluer en temps réel.

Est-ce à dire qu’il faut faire fi du bien commun et donner un droit de véto à des opposants locaux? Évidemment que non, mais le succès d’un développement repose en premier lieu sur l’acceptation des voisins immédiats.

b) Moduler l’intensité de la consultation: à Montréal présentement, tout projet devant passer par la consultation publique est soumis à l’OCPM, et le processus se ressemble étrangement d’un projet à l’autre, peu importe que l’on parle de re-développer Griffintown ou d’agriculture urbaine!

L’International Association for Public Participation propose un modèle où le degré d’implication de la population est modulé, allant  d’une extrême où les élus rencontrent la population pour une séance d’information, jusqu’à l’autre extrême où le consensus populaire fera office de décision finale.

Zimmerman plaide pour une modulation en fonction de l’ampleur et de la chronologie de la consultation publique. C’est à dire…

Plus on est en amont dans le processus et que l’on consulte le public sur une échelle macro – expliquer le nouveau plan d’urbanisme qui repose sur une approche TOD – plus il est nécessaire d’aller vers la droite du graphique ci-haut: vers un modèle d’implication (Involve), ou de collaboration (Collaborate).

À l’inverse, une fois qu’on aura créé un consensus large sur les grandes orientations du nouveau plan, il sera normal de migrer vers une implication du public de type consultation (Consult) ou d’information (Inform) lorsque vient le temps d’approuver des projets de développements micros qui se conforment au plan.

c) Implication des élus: à Montréal, les élus tiennent un rôle d’arbitre par rapport à l’OCPM, c.à.d. qu’ils sont volontairement en retrait du processus, attendent de recevoir le rapport final, puis voient par la suite jusqu’à quel degré ils en tiendront compte.

Pour Zimmerman, surtout lorsqu’on est à l’étape de la consultation macro et des grandes orientations du plan, il est essentiel que les élus soient présents dans la salle et qu’ils puissent directement répondre aux questions du public. En ce sens, les élus doivent être parties prenantes du processus, et non en retrait. Ils doivent s’impliquer personnellement pour obtenir le « buy in » du public.

3- Les orientations du PMAD doivent guider tout le processus d’approbation des projets. Ça veut dire que ce Plan métropolitain qu’on s’est donné doit maintenant devenir la bible pour le développement dans les années à venir.

Déjà, ce Plan a le mérite de donner des orientations clairs aux développeurs qui savent maintenant quels types de projets ils peuvent développer, et dans quelles zones. À cela, il faudra ajouter d’adapter le processus d’approbation des projets.

En clair, un projet de développement qui propose de la densité et de la mixité d’usage dans un zone TOD identifiée par le PMAD devrait être mis sur la voie rapide (« fast track » en bon français) d’approbation: accompagnement de la ville centre, implication de l’élu responsable au comité exécutif, pas d’accrochages avec les arrondissements, consultation publique cohérente et fluide, etc.

A contrario, un projet soumis qui ne correspond pas aux orientations du PMAD devra nécessairement être rangé au bas de la pile et attendre son tour sagement.

Conclusion: Ils ont réussi à développer des quartiers TOD intéressants au coeur du pays de l’automobile sans même avoir un plan régional. Imaginez ce que l’on peut réussir ici!

En passant

Une bonne façon de prendre connaissance du formidable projet de La Ligne Bleue: regarder cette vidéo intitulée l’Échappée Bleue. Par la suite, je vous invite à visiter le nouveau site web: http://www.lalignebleue.ca

Interview: CBC Radio, 4:15 PM

par Martin Bergeron

Please tune in to CBC Radio Montreal around 4:15 – 4:20 PM to listen to the interview I gave concerning the inauguration of La Ligne Bleue.

I explain what that wonderful partnership is, and how it benefits Montreal.

La Ligne Bleue: des quartiers culturels qui nous rendent fiers d’être montréalais

par Martin Bergeron

À la sortie de la conférence de presse qui annonçait le lancement de La Ligne Bleue – un réseau de 25 partenaires culturels qui ont pignon sur rue tout le long de la ligne 5 du métro –  quelques personnes m’ont demandé de mettre sur papier l’allocution que j’ai prononcée lors de l’événement.

S’il m’est impossible d’en livrer une version intégrale puisque j’improvisais à partir de quelques notes, je peux certainement reproduire le sens de mon message. Voici donc, en résumé, le message que j’ai livré aux médias et invités qui étaient présents:

« Pourquoi j’ai décidé de joindre La Ligne Bleue?

Lorsque David Lavoie et Valérie Beaulieu m’ont approché au printemps dernier pour me demander de devenir président du conseil d’administration de La Ligne Bleue, j’ai accepté ce mandat avec enthousiasme parce qu’il y avait trois éléments dans le projet qui me rejoignaient et m’interpellaient particulièrement.

Premièrement, j’étais impressionné de découvrir la qualité des partenaires culturels qui étaient membres du réseau de La Ligne Bleue, et je me disais que de les réunir tous ensemble dans une même entité serait susceptible de créer de la fierté chez les montréalais, et d’augmenter leur sentiment d’appartenance à notre belle ville que j’aime profondément.

En attirant les réflecteurs sur des institutions phares comme le Centre Segal, le Cinéma Beaubien et la TOHU – en plus d’entreprises plus petites mais tout aussi intéressantes comme Eastern Bloc ou le Cabaret du Mile End – je me disais qu’on faisait la démonstration qu’à Montréal, il se passe des choses vraiment intéressantes. C’est un message positif très positif dont Montréal a besoin.

Le deuxième élément qui m’attirait dans le projet de La Ligne Bleue, c’était de pouvoir faire la promotion de la richesse et de la vitalité des quartiers de Montréal.

On a le bonheur d’habiter une ville qui peut compter non seulement sur un centre-ville habité et très dynamique, mais aussi sur plusieurs quartiers qui sont des milieux où il fait bon vivre, qui peuvent compter sur des artères commerciales dynamiques, et sur des institutions culturelles er sociales d’envergue.

Je me suis dit qu’un projet comme La Ligne Bleue contribuerait à ce que les montréalais découvrent davantage des quartiers comme Côte-des-Neiges, Outremont, Rosemont, Parc-Extension, Villeray, St-Michel…et pourquoi pas, quand la ligne bleue du métro sera prolongée, on découvrira davantage St-Léonard et Anjou également!

La diversité et la vitalité des différentes communautés montréalaises m’intéresse particulièrement, et je me suis dit que La Ligne Bleue serait un bon moyen d’en faire la promotion.

La troisième raison pour laquelle je me suis intéressé à La Ligne Bleue, c’est le métro. C’est bien simple: pour moi le métro, c’est l’épine dorsale de Montréal, et c’est le coeur du développement de Montréal. Quand je conçois notre ville, je la pense d’abord en fonction du métro, et je me suis dit: quelle façon intelligente de concevoir ce projet d’un réseau d’institutions culturelles!

D’abord, situer notre réseau en fonction du métro est très brillant d’un point de vue de signalétique parce que la plupart des gens sont capable de situer cette ligne sur une carte. Mais ça permet également de constater que c’est cette ligne de métro qui permet d’unir ensemble des quartiers divers sur une seule et même trame, et qui permet de se déplacer facilement entre les différents sites.

Pour ces trois raisons là principalement, donc, j’ai accepté de présider cette nouvelle entreprise qui, j’en suis convaincu, saura contribuer de façon durable au développement et au dynamisme de Montréal.

Montréal: métropole culturelle

Avant de conclure avec la partie la plus importante – celle où je nomme et remercie nos nombreux partenaires – j’aimerais également vous parler  un peu d’où se situe La Ligne Bleue par rapport à Montréal: métropole culturelle.

D’abord, je veux vous dire tout de suite que La Ligne Bleue est membre de Culture Montréal et s’associe à la démarche de métropole culturelle sur l’horizon du 375e anniversaire de Montréal, en 2017.

Au-delà ce ça, on notera que notre projet s’inscrit en parfaite harmonie avec l’esprit et la philosophie de métropole culturelle en créant un regroupement d’institutions culturelles qui travaillent en partenariat, et mettent leurs forces en commun pour atteindre des objectifs de visibilité et de fréquentation qui seraient beaucoup plus difficiles à atteindre sur une base individuelle.

On conviendra tous également que La Ligne Bleue est l’exemple parfait de ce qui est prôné au chapitre des quartiers culturels, à savoir que la culture se déploie un peu partout sur l’ensemble du territoire de Montréal. C’est précisément cette démonstration que nous faisons en associant ensemble 25 institutions culturelles  situés dans des quartiers plus au nord de la ville, où on est moins habitué d’avoir le réflexe de penser qu’il y ait des lieux d’art de qualité.

Les partenaires de La Ligne Bleue

Sur ce, je tiens ici à remercier tous nos partenaires qui ont accepté de nous supporter, sans qui ce beau projet serait tout simplement impossible.

Je commence par un partenaire naturel et très important pour la réussite de La Ligne Bleue: la STM, et je remercie chaleureusement son président, Michel Labrecque, pour le soutien que vous nous apportez, notamment au niveau de la promotion et publicité;

Ensuite, un partenaire très important qui a été le premier à y croire au tout début, et à tout de suite investir dans sa réussite: la CDEC Centre-Nord, et je remercie particulièrement son directeur-général, Denis Sirois;

Patrimoine Canadien;

le MAMROT;

La CRÉ de Montréal;

Jean-Robert Choquet et Paul Langlois au service de la culture de la Ville de Montréal pour leur soutien financier, et la commissaire à l’économie sociale, Johanne Lavoie, pour son accompagnement et soutien;

Le regroupement des Caisses Desjardins du territoire de La Ligne Bleue;

Nadine Gelly et la Vitrine culturelle;

Emploi-Québec;

Les équipes dévouées d’Orangetango, MASSIVart et Massy-Forget-Langlois;

Olivier Choinière et sa compagnie L’ACTIVITÉ qui a dirigé la création des podcasts;

Manon Larin-Picard et l’action culturelle du Cirque du Soleil;

Le conseil de développement culturel Villeray-St-Michel-Parc-Extension pour leur accompagnement à l’origine du projet;

et finalement, Marie Lalonde et Vivre St-Michel en santé. »

Lancement de La Ligne Bleue: citation

par Martin Bergeron

Ça y est: la conférence de presse pour le lancement de La Ligne Bleue est terminée, et tout c’est très bien déroulé.

Je reviendrai ce soir avec plus d’information sur l’événement. Je publie tout de suite ma citation qui apparait dans le communiqué du lancement:

« Au-delà des arts et de la culture, le projet de La Ligne Bleue renforce le sentiment d’appartenance à Montréal, et met en lumière la formidable vitalité des différentes communautés qui la compose. C’est aussi un appel à se déplacer en métro, véritable épine dorsale de Montréal, qui constitue plus que jamais un vecteur essentiel du développement de la métropole. »

Voilà qui résume brièvement la raison pour laquelle je préside cette organisation.

Plus de détails ce soir.